
La fin de la période des impôts arrive à grands pas. En tant que propriétaire, savez-vous comment tirer partie des déductions possibles? Il y a en effet quelques zones fiscales grises qui peuvent porter à confusion.
La réponse dépend surtout d’un élément clé : l’usage de votre propriété.
Résidence principale? Pièce locative? Travail à domicile? Les règles ne sont pas les mêmes.
Résidence principale : peu de déductions, mais un avantage majeur
Le simple fait d’être propriétaire de votre résidence principale, ne permet pas de déductions fiscales.
Contrairement à une croyance répandue, vous ne pouvez pas déduire : vos paiements hypothécaires, vos taxes municipales et scolaires, vos rénovations ou vos assurances habitation.
Cela peut sembler décevant, mais il y a un avantage majeur :
Le gain en capital lors de la vente est généralement exempt d’impôt.
Autrement dit, si votre propriété prend de la valeur, vous n’êtes habituellement pas imposé sur ce profit… ce qui est extrêmement avantageux à long terme!
En tant que propriétaire, il existe tout de même des situations où vous êtes admissibles à des remboursements d’impôts, par exemple en lien avec le télétravail ou la location de chambre. Pour en savoir plus, lisez ce qui suit!
Travail à domicile : les dépenses admissibles
Depuis quelques années, de plus en plus de propriétaires travaillent de la maison. Est-ce votre cas?
Si ce n’est déjà fait, vous pourriez déduire une partie de certaines dépenses chaque année lors de la production des impôts, dans le cas où vous remplissez les critères (notamment utiliser un espace dédié de façon régulière).
Par exemple, vous pourriez déduire une portion des factures :
- électricité et de chauffage
- internet
- entretien
- certaines réparations
La règle générale : vous devez calculer la proportion de votre domicile utilisée pour le travail (ex. : une pièce sur 8 = 12,5 %).
Attention : ces déductions sont encadrées et varient selon votre statut (travailleur autonome ou salarié). Par ailleurs, dans le cas d’un salarié, un formulaire rempli par l’employeur est souvent nécessaire.
Chambre locative : là où les déductions deviennent intéressantes
Les propriétaires qui louent des logements à des locataires sont déjà bien au fait des dépenses qu’ils peuvent déduire lors de la production d’impôts. Mais qu’en est-il des « petits propriétaires », qui décident de transformer un sous-sol en logement, par exemple?
Louer une partie de sa maison peut sembler une excellente idée… mais cela vient avec des implications fiscales. Parfois négatives, parfois positives!
Le site de Revenu Québec est clair à ce sujet : si vous gagnez un revenu en louant la totalité ou une partie de votre maison ou de votre immeuble d'habitation, vous devez le déclarer dans votre déclaration de revenus.
Par exemple, une portion de votre maison pourrait devenir imposable lors de la vente et certaines dépenses devront être réparties entre usage personnel et locatif.
C’est un point souvent mal compris, et les conséquences peuvent être importantes à long terme.
En contrepartie, il y a des avantages!
Si vous possédez une chambre locative (ou une partie de votre maison louée), plusieurs dépenses peuvent être déduites:
- intérêts sur l’hypothèque (pas le capital)
- taxes municipales et scolaires
- assurances
- frais d’entretien et réparations
- frais de gestion ou de publicité
- services publics (si inclus dans le loyer)
- rénovations
Bon à savoir : certaines dépenses en rénovations doivent être amorties dans le temps plutôt que déduites immédiatement (ex. : toiture, agrandissement). Votre comptable pourra effectuer les bons calculs.
Les erreurs fréquentes à éviter
Voici quelques pièges courants chez les propriétaires :
- Déduire des rénovations personnelles comme si c’était locatif
- Oublier de déclarer les revenus de location (même occasionnels)
- Confondre réparation (déductible) et amélioration (amortissable)
- Négliger l’impact fiscal d’un changement d’usage
Les règles fiscales évoluent et comportent plusieurs nuances. Un comptable ou fiscaliste pourra vous éclairer!